Tout ceux qui ont travaillé avec moi connaissent mon intérêt pour la prévention des risques. Certains s'en plaignent mais je sais que ce n'est pas la majorité. Je n'aime pas l'imprévu et je ne supporte pas les situations à risques souvent par manque de préparation ou de considération des situations.

Beaucoup de personnes ont appris à travailler dans l'urgence, à "l'arrache" comme on dit et pour beaucoup, le risque d'accident a longtemps fait parti des métiers techniques du spectacle. Cela est un peu illustré par la phrase "Show must go on" qui nous impose inconsciemment de réussir à se sortir de n'importe quelle situation pour que le spectacle ait bien lieu. Et cela pas forcement reposé, dans le calme et au sec...

Parmi les risques quotidiens nous avons les problèmes de dos, quasi obligatoire dans ces métiers. Beaucoup de techniciens ont arrêté le métier à cause de cela.
Viennent après les chutes d'objets (depuis le gril, un nacelle, en déchargeant les camions, etc.), les coupures ou les chocs à cause des nombreuses manipulations (flight case, praticables, rampes d'accès, structures, etc.). Il y a bien évidement les chutes de hauteur, les risques auditifs qui peuvent être amplifiés avec la fatigue et le stress que nous accumulons sur les opérations.

Ah, la fatigue, peu de personnes en parlent mais les "coups" à plus de 12h00 non stop sont loin d'être rare surtout dans les boites de prestations. Alors on comprend bien que cela doit être une véritable préoccupation pour tous les organisateurs de spectacle. Prendre en compte l'environnement, les outils mis à disposition, connaitre les consignes à donner et avoir les yeux partout pour conseiller, arrêter, aider est la plus grande des missions du régisseur général pendant l'opération. Cette seule préoccupation permet d'éviter un grand nombre d'accidents .
Tout doit avoir été pensé, anticipé et préparé pour avoir les meilleures conditions de travail. C'est un sacré boulot et c'est pourquoi le métier de régie général est si complexe.
Il n'y a aucune opération simple, on peut même partir sur le principe que c'est systématiquement compliqué (accès, acheminement du matériel, distribution électrique, accroche, réglage, horaires, relations humaines, rotation repas, etc.). Enfin bon, je m'arrête là car ce n'est pas du métier de régisseur général dont je veux parler dans ce billet mais de la sécurité dans le cadre du spectacle vivant.

L'INRS a réalisé un dossier dans son mensuel "Travail & Sécurité" du mois d'octobre intitulé : "Spectacle Vivant - La prévention entre en scène".
Le travail effectué est excellent et je ne peux que vous conseillez de le lire.  
Vous y trouverez également une interview de Fréderic Devinant sur le sujet des "Troubles auditifs - Quand les professionnels font la sourde oreille". A lire absolument car il y a encore du chemin à faire.

Vous pouvez télécharger ce dossier sur le site de Travail & Sécurité